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Mont Saint André

Souvenirs de mon village en Belgique, ça s’appelait Mont St André à l’époque, maintenant Ramillies depuis le regroupement. c’était un petit village sur une côte, avec l’église tout en haut. Nous on était la dernière maison en bas de la côte avant le carrefour vers Geest Gérompont. On était les cinq filles américaines, ou amerloques comme ils disaient. En face de chez nous il y avait une maison avec cinq garçons, les Allard, qui nous narguaient d’un « Spakingloche? » au début, mais après ils étaient tout le temps fourrés à la maison. il y avait Denis, Manu, Willy, Hubert, et le bébé Jean-Paul. Ils avaient tous moins de dix ans. Ils avaient un grand vélo et se mettaient à trois dessus, le bébé dans le porte bagage, et dévalaient la côte à toute berzingue, le bébé qui balançait de droite et de gauche. C’était hyper dangereux, une descente raide en virage, et pas sûr que le vélo avait des freins.  


Tous les cinq (sauf le bébé à l’époque dont je vous parle) jouaient dans la fanfare du village qui quelques fois l’an sonnait à la porte, jouait une chanson, et puis mon père leur offrait le coup à boire. Ils avaient la partition fixée au bout de leur trompette et étaient endimanchés.Quand ils venaient jouer chez nous, ils enlevaient leur chaussettes et leurs chaussures pour faire comme nous qui étions tout le temps pieds-nus; ils avaient les jambes bronzées et les pieds et les chevilles toutes blanches, ça nous faisait pitié mais rigoler en même temps. Etre pieds-nus c’était comme un tabou chez eux.


Dans le village il y avait deux épiceries, une en haut de la côte, chez Lina, l’autre en bas de la côte, à côté de chez nous, chez Flore. On appartenait soit au clan Lina, soit au clan Flore. Nous on allait chez Flore. On y allait pour ma mère acheter les biscottes et le café Jacqmotte. En ouvrant, la porte faisait tinter la sonnette, et Flore se mettait lentement à emmener ses 120 kg à l’aide de deux cannes le long du couloir qui menait de sa cuisine à la boutique. Elle arrivait essoufflée et contournait ses nombreux bocaux de bonbons pour arriver à la caisse. Emplettes faites, elle nous donnait toujours un petit bonbon noir, qu’on appelait « une boule ». Son mari, Ghislain (prononcé jisselin) était tout petit et maigre. Une fois par an en été c’était la fête au village, qui durait trois jours. Pour l’occasion, Flore mettait ses dents; elle était méconnaissable. C’était une belle femme avec de beaux cheveux noirs bouclés.


Adolescents, nous arpentions la campagne À vélo et on se retrouvait dans une petite chapelle en plein champs près d’une source (la chapelle d’outsiplou’). Dedans trônait une statue de Zeus, foudre à la main.

Je vous parlerai un jour de Marie Madeleine, notre voisine, Willy qui nous expliquait que les rats musclés s’appelaient comme ça parce qu’ils savaient nager, Monsieur Libotte qui a tenu à ce que nous assistions au dépiautage d’un lapin, à Maurice le pervers du village, Léon qui dormait avec sa vache, et bien d’autres souvenirs…ça va venir..

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